« Ne tombons pas dans le piège européiste de M. Macron » – Tribune du 7 septembre 2018

Le Figaro – 7 septembre 2018

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L’européisme d’Emmanuel Macron relève de la pensée magique. Sa feuille de route est un concentré chimiquement pur de la doxa dominante à Bruxelles depuis les années 1980. C’est pourquoi il plaide pour une poursuite de l’élargissement de l’UE aux Balkans et de l’espace Schengen à la Roumanie et à la Bulgarie, l’instauration d’un budget de la zone euro alimenté par un impôt européen, la formation de diverses agences et autres bidules intégrés, l’affirmation des juges supranationaux, la création d’un mécanisme automatique d’accueil et de répartition des migrants, et même la disparition du siège permanent français au sein d’une Commission européenne reconfigurée.

Ce fétichisme européiste présente un léger défaut de conception: il ne convainc quasiment personne parmi les chefs d’État et de gouvernement de l’Europe. M. Macron rêvait de fonder une République européiste en marche. Quelques mois plus tard, il se retrouve en marge des nations européennes, qui rejettent légitimement le fédéralisme sans frontières dont il se veut le prophète. Partout les peuples se réveillent, car ils ouvrent les yeux sur la réalité: la théorie européiste se révèle, en pratique, contraire à l’intérêt des Européens.

Soumise à tous les vents, l’UE a oublié ce pour quoi elle avait été constituée: protéger les peuples d’Europe en affirmant une puissance continentale. Au fil des années, l’Europe a manqué le rendez-vous avec les grands sujets qui engagent l’avenir des Européens. Ainsi, les États de l’UE se sont comportés comme s’ils pouvaient bénéficier des dividendes de la paix au moment même où l’insécurité globale a appelé, partout ailleurs, un réarmement régalien des nations. Et cette faiblesse militaire ne signifie pas, pour autant, que l’Europe ait fait le choix de la puissance civile. L’UE ne défend pas suffisamment nos intérêts économiques dans le monde, parce qu’elle prétend être le meilleur élève de la mondialisation et qu’elle crée des règles qu’elle est la seule à s’imposer. Elle s’est ainsi révélée incapable de protéger le continent dans la compétition commerciale, industrielle, agricole et technologique brutale que lui livrent les puissances américaines et asiatiques.

En Europe, le dogme de la concurrence et l’aboulie bureaucratique empêchent la constitution de champions européens tout en ouvrant nos marchés publics à des rivaux qui, eux, prennent soinde fermer les leurs. La naïveté coupable de l’UE et l’absence de réciprocité qu’elle tolère ont pour conséquence de fragiliser les consommateurs et plus encore les salariés européens. Parallèlement, l’environnement réglementaire et fiscal de l’UE n’a pas permis l’émergence, sur notre continent, de l’équivalent des GAFAM ou des BATX: pendant que les géants de l’intelligence artificielle sont américains ou chinois, l’Europe accueille aujourd’hui moins de 2 %de la capitalisation mondiale des entreprises numériques. L’UE a ainsi réussi la triste performance, dans les deux premières décennies du nouveau siècle, de rester un nain digital, colonisé par des plateformes extérieures venant puiser chez nous leurs matières premières, c’est-à-dire les données personnelles passivement produites par les Européens. Plus gravement encore, l’UE est restée prisonnière du dogme absolu de la libre circulation des personnes: elle a failli dans sa mission de protection des frontières extérieures et subit désormais l’accélération d’une immigration massive de peuplement, dont les réalités démographiques de l’Afrique ne font qu’accentuer le rythme et le volume.

De tout cela, M. Macron ne comprend pas les grands dangers. Et il insulte désormais les peuples qui ont le mauvais goût de ne pas partager ses chimères. C’est ainsi qu’il ose dénoncer, dans l’aspiration légitime des nations d’Europe à défendre leurs frontières et à préserver leur mode de vie, une «lèpre qui monte». Cyniquement, il veut installer l’idée d’une bataille binaire entre le camp du progrès et celui de la régression: moi ou le chaos, la lumière ou les ténèbres. De fait, les eurobéats sont aujourd’hui les meilleurs agents électoraux des europhobes, tant le ressentiment anti-européiste pollue le sentiment européen.

La responsabilité de la droite, aux côtés de Laurent Wauquiez, est de refuser le piège macroniste. Dans les mois qui nous rapprochent des élections au Parlement européen, nous proposerons, dans l’intérêt national, une ligne euroréaliste: celle qui rassemble les patriotes voulant réinventer notre coopération avec les nations d’Europe. Le progrès ne viendra pas des macronistes européistes, mais des Républicains européens parce que patriotes.

Guillaume Larrivé,
député de l’Yonne, secrétaire général délégué des Républicains

« Le président ne peut pas dire aux Français : « bougez ou disparaissez! » » – Entretien du 10 novembre 2018

Le Figaro – 10 novembre 2018

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ENTRETIEN – Dans son nouvel essai Le coup d’État Macron, le Prince contre la nation, le député LR dresse un réquisitoire contre les méthodes de gouvernement de l’hôte de l’Élysée.

LE FIGARO.- Vous décrivez dans votre livre le macronisme comme un «nouvel absolutisme». À l’heure des Poutine, Erdogan et Bolsonaro, n’exagérez-vous pas en décrivant le pouvoir macroniste comme autoritaire?

Guillaume LARRIVÉ. – Comparer Macron à un autre président, parmi ses prédécesseurs immédiats ou les chefs d’État contemporains, n’est pas le plus éclairant. Le problème est d’une autre nature, bien plus grave: Emmanuel Macron se rêve en empereur-philosophe, à la manière d’un Marc-Aurèle, mais il se comporte plutôt comme Romulus Augustule, le dernier des Césars, un adolescent incapable d’assumer la plus haute charge publique lorsque l’Histoire redevient tragique et que les Barbares frappent à nos portes. Car la singularité du macronisme au pouvoir, dans la France de 2018, est celle d’un paradoxe destructeur pour notre pays: le faux fort est un vrai faible. Sous l’apparence du pouvoir absolu, la réalité macronienne est celle de l’impuissance de l’État. Ouvrons les yeux!

L’actuel président de la République joue au Prince absolutiste, effaçant le gouvernement derrière sa cour, fusionnant dans ses mains tous les pouvoirs de l’État, subordonnant le législatif à l’exécutif. Mais l’égocratie débouche sur la kénocratie: l’ego se noie dans le «kenos», c’est-à-dire dans le vide. Pourquoi? Parce que l’autorité de la République est piétinée chaque jour, dans tous les territoires de France, par des hors-la-loi qui sévissent en toute impunité. Rien n’est sérieusement engagé pour préparer l’avenir de la France, au moment où, sur la carte du monde, s’amplifient les menaces contre notre civilisation. Pendant qu’Emmanuel contemple Macron dans son miroir, la France continue à décliner, pour le malheur des Français.

LE FIGARO.- En quoi selon vous le «scandale Benalla» est-il révélateur de la pratique du pouvoir d’Emmanuel Macron?

Guillaume LARRIVÉ. – Cette misérable affaire a été le symptôme des dysfonctionnements élyséens. La triste vérité a été dévoilée: Emmanuel Macron agit, non pas en chef d’État, mais d’abord en chef de clan. Parce qu’il se méfie de l’État, il cherche à lui substituer un État-Macron, c’est-à-dire un réseau d’obligés: des courtisans dévoués à sa propre personne. Parce qu’il n’a vraiment confiance ni dans le corps préfectoral, ni dans la police nationale, ni dans la gendarmerie nationale, ni dans les autres corps constitués au cœur régalien de notre République, Emmanuel Macron y a placé quelques sbires ne rendant compte qu’à lui. L’étrange Benalla a été l’un d’entre eux, protégé et protecteur du système macronien qui règne aujourd’hui sur la France.

LE FIGARO.- L’élection au suffrage universel du président de la République est «le cœur du problème», soutenez-vous. Pourquoi?

Guillaume LARRIVÉ. – Comme député à l’Assemblée nationale, comme citoyen et comme patriote, je tiens évidemment au suffrage universel. Je n’oublie pas qu’il a été une conquête: c’est une liberté qui permet, théoriquement, la souveraineté des Français. Mais cette liberté est aujourd’hui dévoyée par l’illusion présidentialiste. Autrement dit: le problème n’est pas d’élire un président de la République, mais c’est de faire semblant de choisir tous les cinq ans un sauveur omniscient, un magicien omnipotent, comme si toute la délibération et toute la décision politiques pouvaient être miraculeusement concentrées, en un instant, dans sa personne. C’est une régression antidémocratique, qui conduit au principat que nous subissons aujourd’hui: un régime où le Prince n’écoute que ses propres désirs et où le culte de la personnalité provoque un vif ressentiment. Car il n’y a pas loin du Capitole à la roche tarpéienne: on peut très vite quitter le temple de Jupiter, pour finir condamné à être jeté dans le vide.

LE FIGARO.- Vous qualifiez Macron de fossoyeur de la Ve République. N’est-ce pas une facilité de plume?

Guillaume LARRIVÉ. – Emmanuel Macron n’est ni gaulliste ni gaullien. Il n’est pas le restaurateur de la Ve République originelle, celle du général de Gaulle et de Michel Debré. Il n’est que l’amplificateur de la funeste révision constitutionnelle de l’an 2000, qui a instauré le présidentialisme quinquennal. Et s’il parvient à ses fins, il deviendra le fossoyeur de la Ve, en accroissant jusqu’à l’absurde les travers du présidentialisme qui l’a créé. C’est tout l’enjeu, dans les mois à venir, des débats sur la révision institutionnelle. Car le Prince veut imposer une «Constitution Macron», pour affirmer encore son emprise personnelle sur notre République, en démolissant ce qui reste du Parlement. Ce serait, alors, un Requiem pour la Ve. Au contraire d’Emmanuel Macron, je plaide pour que nous revenions à l’esprit de 1958: un président qui préside, un gouvernement qui gouverne avec le concours et sous le contrôle d’un Parlement libre et solide.

LE FIGARO.- «Il se pense et agit comme le premier président post-national», écrivez-vous. Qu’entendez-vous par là?

Guillaume LARRIVÉ. – Le règne macronien fragilise l’État nation, sous l’effet de trois disgrâces idéologiques: l’européisme, le tribalisme et le transformisme. La première entrave l’État sans lui offrir le relais de puissance continentale dont nous avons pourtant besoin. La deuxième défait la France par l’immigration de masse, la démission devant l’islamisme et la division en communautés séparées. La troisième fragilise la nation en aggravant les clivages territoriaux et sociaux. «En marche, ou crève!», voilà l’injonction implicite du Prince à ses sujets: bougez vite ou disparaissez, dépêchez-vous de rejoindre le nouveau monde ou écartez-vous. Mais le peuple de France se réveille. Aujourd’hui, la fête princière est finie. La nation n’a pas dit son dernier mot. Et il nous faut préparer, dès maintenant, l’après-Macron. Je le dis comme secrétaire général délégué des Républicains: notre responsabilité, dans les trois ans qui viennent, est de définir sérieusement un projet de réconciliation nationale. C’est la mission de la droite nouvelle, pour que vive la France.

« Pour en finir avec l’imposture de l’Aquarius » – Tribune du 18 octobre 2018

Le Figaro – 18 octobre 2018

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TRIBUNE – L’entreprise de culpabilisation que mènent les défenseurs de l’Aquarius ne résiste pas à l’examen des faits, argumente le député de l’Yonne (LR)*.

L’Aquarius n’a plus de pavillon, ni celui de Gibraltar, ni celui de Panama. C’est un bateau fantôme, avec un comportement de quasi-pirate. Il ne s’agit pas, pour lui, d’aller se porter au secours de malheureux, mais de perpétuer son activité illégale en s’approchant au plus près des côtes libyennes, pour susciter les départs et conforter le business modeldes organisations criminelles de passeurs. Qu’attend-on pour en finir?

La manière hasardeuse dont le président de la République traite le dossier de l’Aquarius démontre la lâcheté de sa non-politique migratoire. Récemment, Emmanuel Macron a choisi la pire option, qui consistait à faire semblant de dire non à l’accueil de ce bateau dans un port français tout en disant vraiment oui à la répartition, entre la France, l’Allemagne, l’Espagne et le Portugal, des ressortissants étrangers en situation irrégulière présents sur ce navire.

Peut-on agir ? Oui, à condition de s’en tenir à une ligne dissuasive

Le message a été bien reçu par les filières de trafiquants: dès que vous affrétez un bateau de clandestins en direction de l’Europe et que vous provoquez un peu de bruit médiatique autour de cette opération, soyez sûrs que des chefs d’État vont organiser eux-mêmes la suite du voyage. Cette attitude est irresponsable. Elle consiste nolens volens à encourager une noria de traversées périlleuses de la Méditerranée, alors même que 1 730 personnes ont déjà disparu en mer cette année.

Peut-on agir? Oui, à condition de s’en tenir à une ligne dissuasive. Rappelons les faits. À l’été 2017, le gouvernement italien de l’époque avait, à juste titre, obtenu de diverses organisations non gouvernementales (ONG) opérant en Méditerranée qu’elles signent un code de bonne conduite, afin d’obéir – comme l’impose le droit maritime international – aux instructions du centre de coordination de sauvetage compétent: leMaritime Rescue Coordination Centre(MRCC), connu en France sous l’appellation de Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage. L’objectif de Rome était d’éviter que ces navires n’aillent faire des ronds dans l’eau au plus près des côtes libyennes pour susciter les départs et de les amener à coopérer avec les autorités de police et l’agence Frontex afin de faciliter l’identification et l’arrestation des passeurs. Cette politique avait conduit plusieurs ONG à cesser leurs activités en Méditerranée centrale et à la baisse consécutive des départs et des naufrages de clandestins.

Or, un an après, l’Aquarius, dernier bateau d’ONG opérant dans la zone, continue à narguer l’Europe. Il s’est récemment soustrait aux instructions du Maritime Rescue Coordination Centre libyen compétent, qui coordonnait les opérations de secours. L’Aquarius a décidé de faire route vers le nord, en contrevenant au droit maritime international. La reconstitution d’un MRCC libyen depuis le printemps est pourtant l’aboutissement réussi d’un projet lancé par la haute représentante Federica Mogherini, financé par l’Union européenne et appuyé par l’Italie depuis deux ans.

Si le président français avait les idées claires et une capacité de leadership en Europe, le dossier Aquarius serait clos fermement et rapidement : ce navire sans pavillon doit être saisi

Si le président français avait les idées claires et une capacité de leadership en Europe, le dossier Aquarius serait clos fermement et rapidement: ce navire sans pavillon, dont l’équipage est en infraction avec le droit maritime international, doit être saisi. Les ressortissants étrangers présents à son bord doivent être, non pas répartis en Europe, mais débarqués sur la rive sud de la Méditerranée, dans des plateformes ad hoc.

A-t-on déjà oublié que le Conseil européen de juin 2018 avait apparemment convenu de travailler sur ce concept de «plateformes de débarquement dans les pays tiers», proposition du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et de l’Organisation internationale des migrations? Qu’attend-on pour passer de l’esquisse à la réalisation? De telles plateformes doivent être mises en œuvre – d’abord en Tunisie puis, lorsque la situation sécuritaire le permettra, en Libye.

À cette fin, il est urgent de provoquer une conférence internationale, mobilisant des bailleurs de fonds, pour créer concrètement ces plateformes sur la rive sud de la Méditerranée. C’est à partir de ces plateformes que l’on pourra organiser le retour des clandestins vers leurs pays d’origine, en leur envoyant ainsi un message clair et simple: il est vain de tenter la traversée de la Méditerranée.

Quant aux personnes reconnues comme étant de vrais réfugiés de guerre, elles ont vocation à bénéficier d’une protection. Mais celle-ci nécessite-t-elle nécessairement leur accueil en Europe? Non, si nous parvenons à ce que les futures plateformes soient conçues, financées et organisées pour être, demain, des «cités internationales d’asile temporaire». C’est là-bas, sur la rive sud de la Méditerranée, que les personnes réfugiées de guerre bénéficieraient d’une telle protection temporaire internationale: elles seraient ainsi mises à l’abri, jusqu’à ce que l’évolution géopolitique permette leur retour chez elles et, dès lors, leur participation active à la reconstruction de leur patrie.

Le volontarisme est plus que jamais indispensable pour sauver des vies et protéger nos frontières.

Secrétaire général délégué Dp0QEg5W0AAcufMdes Républicains.


Droit de réponse de l’association SOS MEDITERRANEE à l’article du figaro.fr du 17 octobre 2018 «Pour en finir avec l’imposture de l’Aquarius»:

«La mission de SOS MEDITERRANEE est menée depuis le premier jour dans le plus pur respect du droit et des conventions internationales, en mer comme sur terre. Son action se base sur le devoir d’assistance à toute personne en détresse en mer, codifié par le droit maritime international, et notamment la convention sur le droit de la mer de 1982, la convention de sauvegarde de la vie humaine en mer de 1974, la convention «search and rescue» de 1979 et la convention de Genève de 1951.

En application de ces conventions internationales dont les Etats européens sont parties, SOS MEDITERRANEE ne peut débarquer les personnes secourues que dans un port sûr, où la sécurité des personnes secourues n’est plus menacée, et dans lequel les besoins humains fondamentaux peuvent être satisfaits.

SOS MEDITERRANEE coordonne son action avec les autorités maritimes compétentes dans la plus grande transparence. L’Aquarius n’entre pas dans les eaux territoriales libyennes, qui s’étendent à 12 milles marins à partir des lignes de base droites, et patrouille au-delà de 24 milles nautiques (soit environ 40 kms) des côtes libyennes.»

« La France commence 2019 en marche arrière. » – Entretien au Figaro, le 31 décembre 2018

Le Figaro – 31 décembre 2018

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INTERVIEW – Pour le secrétaire général délégué de LR, «le quinquennat d’Emmanuel Macron est mort-né». L’auteur du Coup d’État Macron prévient cependant Les Républicains : «notre génération n’a pas le droit d’échouer».

LE FIGARO. – L’année 2018 finit sur la crise des «gilets jaunes» et l’affaire Benalla. Emmanuel Macron peut-il reprendre politiquement la main en 2019 selon vous?

Guillaume LARRIVÉ. – Le bougisme initial de 2017 est devenu, dès 2018, un immobilisme létal. Mis à part le dépoussiérage utile du Code du travail et du statut de la SNCF, que reste-t-il de la transformation promise? Les choix fiscaux brouillons et brutaux d’Emmanuel Macron ont brisé tout élan réformateur, car ils ont été vécus comme une agression par une majorité de Français. La France des petites villes et des villages ne s’est jamais sentie aussi à l’écart des métropoles mondialisées. Autant il était justifié d’alléger la fiscalité sur l’investissement productif, autant il était injuste de faire pleuvoir toujours plus de taxes et de normes sur les classes moyennes. Sans équité, on se condamne à l’inefficacité.

Les millions de Français qui travaillent ou qui ont travaillé toute leur vie ont eu le sentiment que le président de la République les regardait de haut et leur disait: «En marche, ou crève!» Il a lui-même allumé un incendie qu’il a tenté d’éteindre in extremis, à coups de milliards d’euros. Au passage, il a retiré toute crédibilité à son gouvernement de fantoches, faisant voter au Parlement, en décembre, l’exact contraire de ce qu’il imposait crânement en novembre. Mais l’extincteur budgétaire aggrave encore le déficit et la dette de l’État. La France commence 2019 en marche arrière.

«Avec l’épisode “Benalla à N’Djamena”, cette mauvaise farce n’en finit pas de dévoiler la face sombre de la macronie»

Guillaume Larrivé

Vous étiez co-rapporteur de la commission d’enquête de l’Assemblée sur le cas Benalla. Pour vous, y a-t-il une nouvelle affaire dans l’affaire?

À chaque saison de cette étonnante série politico-policière, le pittoresque Monsieur Alexandre se rappelle au bon souvenir de son maître. Avec l’épisode «Benalla à N’Djamena» (la capitale tchadienne où l’ancien chef de cabinet adjoint de la présidence a été reçu début décembre, NDLR), cette mauvaise farce n’en finit pas de dévoiler la face sombre de la macronie. En installant au cœur de l’État une cour de pieds nickelés, le président de la République n’a pas fait honneur à la France.

«La vérité est qu’Emmanuel Macron n’est pas à la hauteur de ses fonctions»

Guillaume Larrivé

Vous dénonciez dans votre livre le «pouvoir autocratique» exercé par le chef de l’État avec «son arrogance» «inversement proportionnelle à son expérience». C’est ce qui explique pour vous ces crises?

La vérité est qu’Emmanuel Macron n’est pas à la hauteur de ses fonctions. En confiant l’Élysée à un aventurier égotiste qui n’était pas capable d’assumer la plus éminente charge de l’État, ses électeurs ont oublié l’avertissement de l’Ecclésiaste: «Malheur au pays dont le roi est un enfant et dont les princes festoient dès le matin.» Le peuple français n’a pas tardé à ouvrir les yeux. La fête est finie mais il faut boire le calice jusqu’à la lie.

Est-ce que le mouvement des «gilets jaunes» et les difficultés de l’exécutif étaient pour vous inscrits dans l’essence du macronisme? 

Ce qui a éclaté n’est pas seulement une révolte fiscale, c’est une implosion nationale, aux multiples ferments: le déclassement économique et technologique, la fracture territoriale et sociale, l’hyper-violence quotidienne, le chaos migratoire et la barbarie islamiste terroriste. La France de 2019 est, ainsi, menacée de devenir un pays en voie de sous-développement, dans un continent européen en déclin. Avec bon sens, la plupart des Français perçoivent la gravité du danger. Et ils voient bien qu’à l’Élysée, il n’y a pas aujourd’hui la solution mais le cœur du problème: le macronisme prétend être un progressisme, mais il s’est révélé être un facteur de régression.

«Nous sommes les seuls capables, demain, de gouverner sérieusement, en rompant avec le macronisme et en évitant que notre pays ne bascule dans l’extré­misme»

Guillaume Larrivé

Dans votre ouvrage, vous jugiez qu’Emmanuel Macron pouvait être le fossoyeur de la Ve République. Le quinquennat est-il politiquement terminé?

Le quinquennat d’Emmanuel Macron est mort-né. Mais s’il n’a plus la force d’agir, il peut encore s’agiter. Pour continuer à régner, il va chercher à diviser, sur le mode «moi ou le chaos». À nous de lui donner tort. Afin de réussir l’après-Macron, nous devons créer les conditions d’un vaste rassemblement pour la France.

Si les Français rejettent le président, Les Républicains sont loin d’en tirer profit et s’enfoncent dans les sondages. Comment le comprenez-vous?

Je le dis comme secrétaire général délégué des Républicains: notre génération n’a tout simplement pas le droit d’échouer. Avec la présidence active et courageuse de Laurent Wauquiez, nous commençons à retrouver l’esprit de compagnonnage indispensable pour constituer une nouvelle équipe de France. Notre mission est de proposer à tous les patriotes un contrat de réconciliation nationale, autour d’une ligne claire: la défense de notre civilisation, qui nécessite l’arrêt de l’immigration de masse et le réarmement de l’État régalien, et la libération des Français, qui passe par la diminution des dépenses publiques, indispensable pour baisser enfin les impôts. Nous sommes les seuls capables, demain, de gouverner sérieusement, en rompant avec le macronisme et en évitant que notre pays ne bascule dans l’extrémisme. Ce qui se décide dans les mois qui viennent, ce n’est pas la carrière de tel ou telle, c’est l’avenir de la France.

 

Etat de droit : l’analyse de Jean-Eric Schoettl

Je tiens à partager, sur ce site, la lecture d’une tribune remarquable de mon éminent collègue au Conseil d’Etat, qui a exercé pendant dix ans les fonctions de secrétaire général du Conseil constitutionnel : Jean-Eric Schoettl.

Il plaide notamment pour « permettre le maintien en vigueur d’une disposition législative déclarée inconstitutionnelle par le Conseil constitutionnel (voire contraire à un traité par une cour supranationale), dès lors que le Parlement se prononcerait expressément en ce sens par un vote à la majorité qualifiée intervenant dans un certain délai à compter de la censure ».

Cette tribune a été publiée dans Le Figaro du 16 mai 2018.


 

L’État est menacé d’impuissance dans l’exercice de ses fonctions régaliennes

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État de droit ou état de droit? Avec ou sans majuscule? Le commun des mortels comprend l’état de droit (avec une minuscule) comme un état de la société dans lequel l’État fait respecter le droit, au besoin par la force légale. Pour les élites libérales et éclairées, l’État de droit (avec une majuscule), c’est autre chose: c’est l’État soumis au droit, l’État restreint par le droit.

Les deux devraient aller de pair dans une démocratie assagie. Au travers des moyens de la police et de la justice, l’État devrait être en mesure de protéger efficacement les honnêtes gens contre les prédateurs et les criminels, sans pouvoir faire n’importe quoi pour autant. On connaît la formule de Paul Valéry: «Si l’État est fort, il nous écrase. S’il est faible, nous périssons.» Mais où placer le curseur?

La pensée juridique contemporaine est hantée par le souvenir des lettres de cachet de l’Ancien Régime, de la police de Fouché, des fichiers de Vichy, des horreurs de la guerre d’Algérie. Comme au temps des Lumières, la grande affaire est de soustraire l’exercice des libertés à l’emprise de l’État gendarme. Aussi celui-ci doit-il être bridé et constamment surveillé. Aussi la notion d’ordre public doit-elle être comprise le plus restrictivement possible, faute de quoi, dit-on, régnerait l’arbitraire. Les traités, les lois et la jurisprudence s’emploient à opérer cette contention, en enfermant dans de strictes limites l’action des services de renseignement, des préfets, des officiers de police judiciaire, des parquets, des juges d’instruction et des tribunaux. L’autocensure rétrécit encore ces limites. Le curseur est poussé vers le contrôle et la répression minimaux.

Cette rétraction de la force légale, qu’elle soit préventive ou punitive, est au diapason d’une évolution des idées qui, depuis un demi-siècle vécu sans drame majeur, imprègne les élites dirigeantes occidentales: la répugnance à imposer une contrainte physique. Peu de nos responsables politiques ou administratifs sont prêts à assumer aujourd’hui un pouvoir d’action matérielle unilatérale sur leurs semblables. Les peines de prison doivent être autant que possible évitées ou aménagées, et leur seule raison d’être est la réinsertion. Les investigations ne doivent jamais mordre sur la vie privée. Plus généralement, les prérogatives de puissance publique doivent s’incliner devant celles de l’individu. Le progrès démocratique ne veut-il pas que toute discipline collective soit négociée?

Cette évolution du droit et des mentalités serait un signe de haute civilisation si, pendant le même temps, des secteurs entiers de la société ne s’ensauvageaient.

Jusqu’au-boutismes corporatistes, incivilités quotidiennes, délinquance courante, violences gratuites, occupations sans titre, territoires perdus de la République, casseurs, attentats: dans tout cela, nos concitoyens voient à juste titre une atteinte à leurs droits fondamentaux. Le droit d’arpenter les rues de nos villes dans des conditions acceptables de tranquillité et de salubrité. Le droit de pouvoir compter sur la disponibilité des services publics. Le droit de boire à une terrasse de café sans être mitraillé, écrasé ou poignardé. Ou celui de reprendre rapidement possession de sa maison, squattée pendant un congé. Ils attendent alors tout naturellement de l’État qu’il fasse respecter ce qu’ils appellent, eux, gens ordinaires, l’état de droit. Et c’est d’une exigence de résultat qu’est remplie leur attente.

Là réside l’un des principaux malentendus surgis de nos jours entre le peuple et les élites dirigeantes et sermonnantes. Car l’État de droit, tel qu’il s’est cristallisé depuis que les droits fondamentaux sont devenus notre religion officielle, ne répond plus qu’incomplètement à cette demande populaire d’ordre.

Ainsi, notre droit ne peut limiter la liberté de mouvement des islamistes les plus dangereux, lorsqu’ils ne sont pas «judiciarisables» (quand il n’y a pas de possibilité légale d’engager une procédure judiciaire à leur encontre, NDLR), que sous la forme d’une assignation dans la commune du domicile et pendant douze mois tout au plus, de manière continue ou non. Il ne permet de fermer une mosquée radicale (pendant six mois au plus) que si le préfet établit que les théories qui y sont diffusées ou les activités qui s’y déroulent provoquent à la commission d’actes de terrorisme (des prêches haineux ou obscurantistes ne suffisent pas). De même, l’État de droit s’interdit d’expulser un squatter sans procédure contradictoire et sans lui permettre de faire valoir ses droits devant une juridiction.

Pour que force reste à la loi, on ne peut se passer de l’ultima ratio regum :l’emploi de la force. Or il est devenu de plus en plus difficile aux pouvoirs publics de l’assumer, en particulier dans le domaine de la police administrative (qui vise à prévenir les infractions, NDLR). Par peur de la bavure. Par peur d’être désavoués par les médias ou le juge. Et, au-delà du syndrome Oussekine-Fraisse, par délicatesse de nos dirigeants, qui renâclent désormais à exercer quelque forme de coercition que ce soit.

Il n’y a que sur les théâtres extérieurs, comme la Syrie, que l’ultima ratio regum reprend vigueur. Parce que le recours à la force se revendique alors de la morale universelle et que son exercice est délégué à des experts opérant au loin, dans d’inscrutables conditions.

Intra-muros, la timidité de la puissance publique fait le lit de la brutalité civile. Grève sans fin à la SNCF, Notre-Dame-des-Landes, facultés occupées, sabotage des examens et des caténaires, émeutes urbaines: dans tous ces cas, la pusillanimité publique (renonciation à toute forme de réquisition, reports des évacuations, consignes de non-intervention données aux forces de l’ordre, faible nombre d’interpellations, nombre plus faible encore de poursuites et, dans les rares cas où le tribunal est saisi, mansuétude des juges) fait la part belle aux fauteurs de troubles.

La retenue des autorités est en partie explicable par les limites juridiques qui enserrent leur action, en partie induite par la complaisance médiatique pour la figure du révolté. Par conformisme manichéen, par pose progressiste, notre culture médiatique minimise, excuse, voire exalte la violence de l’insurgé, tandis qu’elle amplifie et fustige celle des forces de l’ordre. Des heures d’antenne ont diabolisé la police dans l’affaire Théo (accusation de viol lors d’un contrôle de police, plus tard démentie par deux expertises médicales, NDLR). Quelle attention ont portée les journalistes aux jets d’acide contre les gendarmes à Notre-Dame-des-Landes?

L’État régalien se sent par avance désapprouvé. Ses complexes l’engourdissent. Pour donner le change, il met en scène un début d’engagement, qui tourne souvent au simulacre d’action. Il drape son impuissance dans les plis d’une concertation que récusent les séditieux. Il laisse se commettre des exactions dans l’espoir de gagner, au bout du compte et sans coup férir, la bataille de l’opinion.

Cette démission s’accomplit au nom de principes humanistes, certes, mais au détriment des besoins de la population et des impératifs nationaux. Pour s’épargner d’en découdre, la République cède le terrain aux furieux de tout poil, désespérant le citoyen et décourageant l’investisseur. Face au séparatisme islamiste, à la voyoucratie des quartiers, aux déchaînements corporatistes, aux bloqueurs, aux black blocs et aux zadistes, elle est comme tétanisée.

Prix à payer pour garder immaculé l’État de droit, diront nos maîtres à penser. Ceux-ci ne considèrent-ils pas déjà que toute réquisition de cheminots grévistes serait inconstitutionnelle, même pour garantir un service minimum? Que la législation antiterroriste est plus dangereuse pour nos libertés que le terrorisme lui-même?

Déclin de l’état de droit, pensera la majorité de nos concitoyens, aujourd’hui incrédules, mais qui, demain, faute de se sentir protégés, estimant rompu le pacte social, se tourneront vers ceux qui leur promettent la restauration d’un État fort.

Que peuvent faire les pouvoirs publics pour enrayer une évolution qui nous ferait passer d’un extrême à l’autre de la maxime de Paul Valéry?

D’abord, adopter une posture plus allante dans le domaine régalien ; prendre à cœur les questions de maintien de l’ordre ; ne plus les considérer comme subalternes ou compromettantes ; face aux débordements, ne plus se laisser inhiber par la hantise de l’incident (sans renoncer à en limiter le risque bien sûr). L’État ne doit plus avoir à s’excuser de nous protéger.

Ensuite, utiliser les marges de manœuvre juridiques existantes et sous-exploitées, en déplaçant le curseur dans le sens de l’intérêt collectif. Il n’y a rien de liberticide par principe à étoffer les moyens de la police et de la justice, y compris en matière de fichiers, de contrôles d’identité ou de garde à vue, ni à repenser les équilibres actuels de notre droit en faveur de la sécurité et de la tranquillité publiques, au besoin en définissant de nouvelles infractions ou en assouplissant les règles de procédure pénale. Nous avons trop sacrifié l’ordre public, garant des libertés les plus fondamentales, à une vision abstraite des droits individuels. Ce raffermissement rencontrerait, certes, des résistances doctrinales, mais il bénéficierait aussi du soutien de l’opinion publique. Nos responsables publics doivent apprendre à parler moins honteusement de ces sujets et, face à telle ou telle jurisprudence paralysante, à ne plus hésiter à recourir aux «lits de justice» (séance solennelle d’une cour de justice où le souverain la contraignait à enregistrer un édit qu’elle combattait, NDLR) que permet la loi.

Enfin, envisager à terme, sans craindre de violer un tabou, de récupérer la souveraineté régalienne amputée par l’alourdissement, depuis un demi-siècle, des exigences conventionnelles (qui découlent des traités ratifiés par la France, NDLR) et constitutionnelles et, plus encore, des jurisprudences élaborées sur leur fondement. Les traités se renégocient ou se dénoncent. La France ne serait pas la seule à souhaiter le réaménagement de la Convention européenne des droits de l’homme ou des traités européens pour limiter leurs empiètements excessifs sur les prérogatives régaliennes et la culture nationale des États membres. Qu’il s’agisse de procédure pénale, de lutte contre la grande criminalité ou le terrorisme, de politique migratoire ou de discriminations, ces empiètements ont été en effet excessifs et, surtout, ont joué en défaveur des intérêts généraux et nationaux.

Quant à la Constitution, elle se révise. Pourquoi, par exemple, ne pas permettre le maintien en vigueur d’une disposition législative déclarée inconstitutionnelle par le Conseil constitutionnel (voire contraire à un traité par une cour supranationale), dès lors que le Parlement se prononcerait expressément en ce sens par un vote à la majorité qualifiée intervenant dans un certain délai à compter de la censure? Voilà qui résoudrait la contradiction croissante entre démocratie des droits et démocratie représentative.

 

«Qui a armé le bras d’Ahmed Hanachi ?» – Tribune du 5 octobre 2017

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Le Figaro – 5 octobre 2017
L’assassin qui a poignardé deux jeunes femmes au cri d’« Allah akbar » est, par définition, le coupable. Rien ni personne ne peut excuser l’acte meurtrier qui est le sien. Mais nous serions bien lâches d’en rester là, sans chercher les causes qui n’ont pas permis d’éviter l’horreur terroriste.
Pourquoi le tueur était-il libre de ses mouvements à la gare Saint-Charles dimanche alors qu’il avait été interpellé vendredi à Lyon ? Pourquoi cet individu, ressortissant étranger en situation illégale, connu à de multiples reprises par les services de police pour des faits de délinquance depuis plus de dix ans, n’avait-il toujours pas été expulsé vers son pays d’origine ? L’enquête judiciaire et celle de l’inspection générale de l’administration préciseront l’enchaînement des faits qui ont été rendus publics, jusqu’alors, par la presse.
Mais pour l’essentiel, déjà, la vérité se dévoile. Si l’assassin a frappé à Marseille, c’est parce que l’immigrationnisme l’a permis. C’est un scandale d’Etat.
Jamais la tragédie n’aurait dû surgir si la funeste idéologie de l’ouverture totale n’avait été à l’œuvre.
Cette doctrine considère que l’immigration est, en soi, une chance absolue pour la France; puisque l’immigration est regardée comme toujours positive, non seulement inéluctable mais surtout souhaitable, vouloir l’organiser, la réguler, la maîtriser serait déjà un mal ; vouloir la réduire serait un mal absolu, renvoyé devant le tribunal des «passions tristes» et des pensées interdites. Les immigrationnistes considèrent dès lors, que la politique doit reculer, car il n’y a pas de place pour le choix : il faut et il suffit d’applaudir au spectacle de la Providence, qui peu à peu gomme la frontière, efface la distinction du national et de l’étranger, et va même jusqu’à nier la différence entre l’illégal et le légal, puisqu’on régularise celui-là pour qu’il devienne celui-ci.
Depuis de trop longues années, cette idéologie imprègne les règles juridiques et les pratiques bureaucratiques relatives à l’entrée et au séjour des étrangers en France. Sous l’influence de jurisprudences européennes, de surcroît souvent surinterprétées à Paris, le législateur a consciencieusement empilé les procédures, pour être à peu près sûr que l’Etat se trouve bien incapable de lutter vraiment contre l’immigration illégale. Les derniers exemples de ce fléau, dûs au quinquennat de François Hollande, sont la loi du 31 décembre 2012 supprimant le délit de séjour irrégulier et celle du 14 mars 2016 systématisant l’intervention du juge des libertés et de la détention au début d’une procédure d’éloignement.
Accablés par un tombereau de contraintes administratives et juridictionnelles, les policiers et les agents des préfectures font ce qu’il leur est possible de faire – c’est-à-dire, hélas, pas grand-chose. Ils sont un peu comme le garçon de café, chez Sartre, qui joue à être un garçon de café : ils s’efforcent d’exister mais ils ne parviennent pas vraiment à être.
Aujourd’hui en France, on compte sans doute un demi-million de clandestins. Le ministère de l’intérieur refuse d’avancer un chiffre mais, il y a une dizaine d’années, il l’estimait entre 200 et 400 000. Le volume s’est nécessairement accentué. Car la machine à fabriquer des clandestins tourne à plein : le système de l’asile a créé, en cinq ans, 276 281 déboutés, dont 90% continuent à rester en France. S’y ajoutent, par milliers, des étrangers qui entrent en France avec un visa Schengen régulier mais s’y maintiennent illégalement. Sur la même période, la régularisation de 151 113 étrangers contribue paradoxalement à augmenter le nombre de clandestins, puisqu’elle alimente le marché des passeurs qui vendent à leurs victimes la perspective, aléatoire mais non nulle, de transformer l’illégal en légal.
Pendant ce temps, les préfets sont parvenus à éloigner 71 069 clandestins hors d’Europe. Mais ce chiffre diminue (moins 16% en 2016). Surtout, les éloignements effectués ne représentent qu’une très faible proportion des décisions prononcées : dans 85% des cas, la procédure échoue, soit empêchée par un juge (tribunal administratif ou juge des libertés et de la détention), soit abandonnée en raison d’une organisation déficiente (les centres de rétention administrative ne comptent qu’environ 1 800 places), soit obstruée par la mauvaise volonté des pays d’origine (refusant de délivrer un laissez-passer consulaire). Pire encore : les expulsions pour motifs d’ordre public sont faites au compte-goutte car l’Etat ne se donne même plus les moyens d’éloigner ceux qui, parmi les étrangers, commettent des actes de délinquance.
Ainsi va l’idéologie immigrationniste, qui domine les faiseurs de mauvaises lois, entrave l’Etat et le prive de sa pleine souveraineté. Là est le scandale, dans la résignation bureaucratique à accepter, au fond, que l’assassin de Marseille ait pu continuer à séjourner si longtemps sur notre territoire. La Marseillaise nous en a avertis : « ils viennent, jusque dans nos bras, égorger nos fils et nos compagnes ». Libérons-nous de cette emprise, vite. Restaurons l’autorité de la République et de la loi. Pour que vive la France. Et pour sauver des vies.
Guillaume Larrivé
Député de l’Yonne

« La Vème République à bout de souffle » – Tribune du 1er septembre 2017

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Le Figaro – 1er septembre 2017

Dans le quatrième de ses Contes moraux, Éric Rohmer peint une Collectionneuse : la jeune Haydée met à l’épreuve sa liberté, d’un garçon à l’autre. Dans l’ordre des affaires publiques, la France est elle aussi une collectionneuse, qui s’amourache de Constitutions, de Chartes et de Déclarations, jetant l’une, allant vers l’autre. Parce que notre peuple aime la politique autant que le droit, nous avons souvent tenté d’apporter une réponse institutionnelle à une crise politique. Après avoir tué le roi, nous n’avons cessé de chercher une tête à l’État.

La tentation révolutionnaire et le révisionnisme constitutionnel nous ont parfois conduits à oublier l’avertissement de Machiavel : « Il n’y a chose plus difficile à entreprendre, ni à réussir plus douteuse, ni à conduire plus périlleuse que de s’aventurer à introduire de nouvelles institutions. » (Le Prince, chapitre VI). L’aventure, souvent, se confond avec les malheurs de l’Histoire. Car le système idéal n’est pas de ce monde, qui combinerait le meilleur des régimes juridiques et des pratiques politiques.

Est-ce à dire qu’il faudrait, dans la France de 2017, se satisfaire du statu quo constitutionnel, comme si nous devions nous contenter de vivre sous le pire des régimes à l’exception de tous les autres ? Faudrait-il ne rien voir, ne rien penser et ne rien dire des désordres institutionnels de notre époque ?

Il est temps, au contraire, de regarder lucidement les carences d’un système prisonnier d’une illusion anachronique : la toute-puissance présidentielle. L’an I du macronisme ne fait, à cet égard, qu’accélérer le Requiem pour la Vème République, déjà bien entamé.

Car la mythologie post-gaulliste ne doit pas nous aveugler. La République gaullienne n’a été qu’une parenthèse refermée par les premiers successeurs de son fondateur. Depuis longtemps déjà, la Vème n’est plus la Vème. Le texte constitutionnel a été révisé à vingt-quatre reprises. Ces vingt dernières années, la mécanique s’est emballée : au fil des révisions, la tête de l’État a été à la fois enflée, immensément, et vidée, paradoxalement.

Vidée, parce que le pouvoir de l’État a été  rogné par une triple dépossession juridique (la décentralisation, la juridictionnalisation et l’européanisation) organisant une pluralité des pouvoirs. Enflée, parce que la concordance quinquennale des mandats présidentiel et législatif a accru l’emprise de l’Élysée sur l’ensemble du système politique.

L’élection présidentielle vire à l’obsession nationale, consistant à désigner tous les cinq ans une sorte de synthèse numérique de Jules César et Jeanne d’Arc, un demi-dieu appelé par le destin. Apparu sur terre, le nouveau prince est censé incarner le vrai changement, le beau et le bien, fort de toutes les vertus, capable de toutes les prouesses, maître des lois et du temps. Les autres pouvoirs politiques lui sont subordonnés au point de ne plus être des pouvoirs : le Premier ministre fait semblant d’exister, mi-directeur de cabinet, mi-chargé de relations publiques ; les ministres ont pour principale fonction d’être contents de l’être et de le dire ; l’Assemblée nationale, elle, est aux mains d’un clan nommé pour applaudir, composé de députés élus en collant leur photographie à côté de celle du génie élyséen.

La vie publique est dès lors devenue une campagne présidentielle permanente, infantilisant les citoyens et mettant en scène, jusqu’à l’écœurement, un culte de la personnalité indigne d’un peuple aussi civilisé que le nôtre. Le délire de la personnalisation présidentielle contamine la plupart des partis politiques, d’autant plus obsédés par la recherche pathologique du chef qu’ils sont incapables d’avoir une idée neuve : la question du qui empoisonne, jusqu’à la nausée, celles du quoi et du comment.

C’est ainsi que la démocratie française se déconstruit. Sur ses ruines est advenue une étrange kénocratie : le pouvoir du vide. Et du vide naît le ressentiment populaire.

Jusqu’à quand ? Il se peut qu’une embellie économique conjoncturelle retarde, pour un moment, l’évidente faillite du système politique. Mais le temps de la refondation démocratique ne pourra pas être indéfiniment différé. Il faut nous y préparer en toute liberté, en travaillant sereinement à ce que pourrait être, demain, une nouvelle République.

Car si l’on veut libérer la France du présidentialisme, il faut assumer une transformation audacieuse : le gouvernement de la France serait désormais dirigé, non plus par un président de la République élu au suffrage universel, mais par un Premier ministre émanant de l’Assemblée nationale, choisi parmi les députés librement élus au scrutin majoritaire indépendamment de l’élection présidentielle.

Ainsi la liberté parlementaire de la IVème et la solidité majoritaire de la Vème se trouveraient-elles réunies dans une VIème République, primo-ministérielle, qui réinventerait la démocratie française à l’heure de la pluralité des pouvoirs.

Acceptons d’y réfléchir, vraiment, avant qu’il n’y ait plus de République.

Guillaume Larrivé,
député de l’Yonne

« Sortir du chaos migratoire » – Tribune du 5 juillet 2017

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Le Figaro – 5 juillet 2017

Deux mille deux cent cinquante-sept. C’est le nombre des hommes, femmes et enfants qui ont disparu en tentant de traverser la Méditerranée pour émigrer vers l’Europe depuis le début de l’année. L’effrayante comptabilité en est scrupuleusement tenue par les services des Nations unies, comme pour signifier l’incurie des pouvoirs sans pouvoir face au chaos migratoire. La Méditerranée continue à pleurer des larmes de sang. Le chemin turco-grec a été coupé mais la voie italienne reste ouverte. Près d’un demi-million de migrants, essentiellement venus d’Afrique subsaharienne, sont ainsi entrés en Europe depuis dix-huit mois.

Quelques milliers seulement ont été raccompagnés chez eux par l’Agence européenne des gardes-frontières. Les autres viennent grossir les rangs des demandeurs d’asile. Parmi eux, quelques-uns sont de vrais combattants de la liberté qui seront légitimement reconnus et accueillis comme réfugiés ; mais la plupart seront des déboutés de l’asile, devenus des clandestins errant de ville en ville, dans le labyrinthe bureaucratique et juridique d’une Europe aboulique.

À l’Élysée, à Matignon comme au Palais Bourbon, le sujet n’est pas pensé. Le président de la République à Versailles, puis le premier ministre à l’Assemblée ont répété cette semaine les mêmes banalités polies, en forme d’injonction morale: la France doit rester fidèle à sa tradition d’asile. On nous promet, à cette fin, un plan d’action sous dix jours. L’inventivité limitée des administrations centrales permet hélas d’en deviner les contours. À Paris, la technocratie va essayer de réduire tel délai et de rallonger tel crédit, en espérant que le vieux système (préfectures, Office français de protection des réfugiés et apatrides, Cour nationale du droit d’asile, centres d’hébergement) tournera plus rapidement: Sisyphe habite place Beauvau. Et à Bruxelles, dès lundi, le ministre de l’Intérieur a discrètement accepté que la France prenne une plus grande part dans ce qui est appelé «la relocalisation des migrants». Au prétexte de soulager le fardeau de l’Italie, on encouragera nolens volens les professionnels de l’immigration clandestine, qui organisent les filières des nouveaux damnés de la Terre.

Comme si elle était hypnotisée par le macronisme triomphant, la droite française s’abstient: elle n’est ni pour, ni contre, bien au contraire, puisqu’elle s’excuse de tout et ne pense plus rien. Je ne me résous pas à cette lamentable abdication de la réflexion et de l’action. Au risque de déplaire aux gardiens zélés de la doxa, j’appelle ici à la définition d’une politique d’immigration, d’asile et de nationalité conforme à l’intérêt du peuple français.

Commençons par en assumer l’objectif, qui n’est pas seulement de surmonter une crise migratoire conjoncturelle, mais bien de rompre avec des décennies d’acceptation passive d’une immigration massive structurelle. Car tout est lié: l’embolie du système d’asile et l’explosion de l’immigration illégale vont de pair avec le dérèglement de l’immigration légale. Celle-ci a été accélérée, année après année, par un amas de règles juridiques toujours plus protectrices des droits individuels et toujours plus oublieuses du droit collectif de  l’État à choisir qui, en France, peut être accueilli au sein de la communauté nationale.

Pour sortir du chaos migratoire, la France devrait définir souverainement des plafonds d’immigration, c’est-à-dire des contingents limitatifs fixés annuellement, dans un nouveau cadre constitutionnel ; subordonner l’autorisation d’immigrer en France à la capacité d’intégration à la société française ; restreindre l’immigration sociale, en précisant les contours de la solidarité nationale ; organiser le retour volontaire ou contraint des clandestins dans leurs pays d’origine ; refaire de l’assimilation le critère d’accès à la nationalité française.

Cette nouvelle politique nationale d’immigration serait d’autant plus puissante si la France parvenait à entraîner plusieurs pays européens dans une voie similaire, pour renforcer hardiment les capacités techniques de gestion des frontières, mais surtout pour généraliser des mesures de diminution structurelle de l’immigration, en conditionnant à cette fin la coopération avec les pays d’origine.

Tout cela ne pourrait advenir que si la lucidité politique et l’audace juridique n’étaient plus interdites. Le songe macroniste en éloigne encore notre pays. Jusqu’à ce que le réel revienne et que la France, un jour, se réveille.

« En marche !, ou crève ! » – Tribune du 23 février 2017

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Le Figaro – 23 février 2017

Souvent, Emmanuel Macron invoque la responsabilité de sa génération. C’est la nôtre : celle des Français de 40 ans, l’âge passerelle qu’en son temps Victor Hugo appelait «la vieillesse de la jeunesse ». Nous avons le même âge, fait les mêmes études méritocratiques et commencé des vies professionnelles parallèles – l’un à l’Inspection des finances, l’autre au Conseil d’État, avant de travailler à l’Élysée, l’un comme conseiller économique de François Hollande, l’autre comme conseiller juridique de Nicolas Sarkozy. Mais les points communs s’arrêtent là.

Nous n’avons pas la même conception de l’engagement public. Alors que celui qui allait devenir ministre de l’Économie choisissait le monde de la haute finance et collectionnait les deals à la banque Rothschild, j’ai fait le choix d’un enracinement républicain, dans le département de l’Yonne. Et depuis bientôt cinq ans, je suis un député, comme l’on dit, «de terrain », un élu ancré dans cette France des petites villes et des villages, cette France qui se méfie de la politique, cette France des classes moyennes qui aimeraient tant que le pouvoir exerce à nouveau le pouvoir.

Ce terrain-là, terroir et territoire, terreau des Français qui font de leur mieux, Emmanuel Macron ne l’a jamais labouré. Il ne le connaît pas. Il regarde la France à distance, par les études d’opinion, les courbes de sondages, l’analyse du marketing politique. Il organise des déplacements en France comme autant d’escales initiatiques. Au-delà du réel, il s’est lancé dans la vie politique en menant une campagne de chaman, exposant son ego à la face du monde, étalant un discours pseudo-progressiste, multipliant les prêches illuminés. La marche va dans le sens du vent – mais « être dans le vent, c’est avoir le destin des feuilles mortes », nous a avertis Jean Guitton.

Où va vraiment la marche macronienne ? Pour nos villages, nos petites villes, pour tous les territoires oubliés par la fameuse « mondialisation heureuse » vendue par les amis parisiens de M. Macron, la marche ne peut conduire nulle part, car elle oublie une dimension vitale : la nation.

La société française n’est pas, partout, pour tous, une start-up agile, novatrice, évolutive, inventive, qui s’adapterait à toutes les spéculations, comme les pépites de la Silicon Valley. Mon propos ne relève pas du spleen décliniste, car la France d’aujourd’hui est pleine de talents, d’envies, d’énergies, y compris au cœur de cette ruralité vivante qui constitue la France majoritaire. Mais notre pays n’est pas une page blanche, un terrain vague où régnerait un Homo oeconomicus utilitariste, maximisant son profit ici ou là, totalement déconnecté du cadre national, acteur du marché mondial.

Emmanuel Macron, lui, est tout entier soumis au marché ; il nous explique qu’il n’existe pas de culture française et que l’histoire de France est coupable, forcément coupable. Pour lui, la nation est une vieillerie. « En marche !, ou crève ! », voilà l’injonction d’Emmanuel Macron : bougez vite ou disparaissez. Rejoignez le camp des gagnants de la nouvelle économie ou faites-vous oublier. Intégrez la communauté des insiders ou écartez-vous, pour laisser avancer la marche. Bienvenue dans le meilleur des mondes postnationaux !

Mais cette France-là, ce ne serait plus la France que les Français veulent conserver, en adaptant ce qui doit l’être. « Conserver ce qui vaut, réformer ce qu’il faut » : l’adage de Disraeli est d’une parfaite actualité. La France n’a besoin ni de la brutalité extrémiste d’une Marine Le Pen ni de l’irréalité bougiste d’un Emmanuel Macron. Les Français méritent d’être respectés par des gouvernants ayant mûri un vrai projet et réuni une équipe préparée à assumer la responsabilité de l’État, solide dans la tempête, à l’heure des menaces sur la sécurité nationale et des turbulences économiques.

Autour de François Fillon, nous ne promettons pas la lune, nous ne prétendons pas être la réincarnation de Jeanne d’Arc ou de Jules César, mais nous nous sommes préparés à faire de notre mieux, ensemble, pour que la France reste la France.

C’est aux Français, en conscience, de décider, dans moins de soixante-dix jours désormais.

« Notre devoir face au djihadisme » – Tribune du 21 décembre 2016

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Le Figaro – 21 décembre 2016

 

Comme tous les Français, je pense à nos amis allemands. La tristesse est là, immense. Mais on ne gagne pas une guerre avec des bougies. La solidarité avec le peuple allemand exige une expression sincère, une réflexion commune et une action nouvelle.

La réconciliation entre la France et l’Allemagne représente un bien précieux pour la paix, mais ce n’est pas la subordination d’un faible à un fort. Si l’alliance entre les Républicains et nos compagnons de la CDU est solide, elle ne saurait signifier l’alignement des uns sur les autres. Nous avons un devoir de vérité. Soyons fidèles à l’invitation de Charles Péguy: «Il faut toujours dire ce que l’on voit. Surtout, il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit

La politique migratoire décidée par l’Allemagne à l’été 2015 a mis en danger le continent. Le «Willkommen» planétaire de la chancelière Merkel a été une erreur tragique. À l’heure de l’information numérique instantanée, cette déclaration a été perçue, par les passeurs et les trafiquants, comme un encouragement. Le résultat est catastrophique. En 2015, l’Europe a enregistré passivement 1,83 million de franchissements illégaux de ses frontières extérieures. Ce chiffre vertigineux représente plus de six fois celui de 2014. Et si le rythme s’est ralenti lors des dix premiers mois de 2016,le flux ne s’est pas tari: 332 492 entrées clandestines ont alors été enregistrées.

Pour comprendre pourquoi un tel déferlement migratoire avait été accepté par les autorités allemandes, je me suis rendu à Berlin, en janvier 2016, à la rencontre de nos homologues de la CDU. Remords historique, déclin démographique, besoin économique: il y a un peu de tout cela dans l’attitude de la Bundeskanzlerin. Cette décision nationale n’aurait pas dû être dictée au continent. Elle ne l’aurait pas été si le président de la République n’avait pas été à ce point effacé, suiviste et irréfléchi.

Les conséquences sont dramatiques. Pour la vie des migrants eux-mêmes, car la Méditerranée continue à pleurer des larmes de sang: ces trois dernières années, plus de 11 200 personnes ont disparu en tentant de la traverser. Et pour la sécurité des Européens. Nous savons que l’État islamique et d’autres groupes criminels organisent un trafic de vrais-faux passeports. Nous savons que la protection des frontières extérieures de l’Europe est structurellement faible. Nous savons que le système d’accueil des vrais réfugiés est détourné par des criminels. Nous savons que, parmi les réseaux terroristes qui ont frappé la France l’an passé, des individus avaient rejoint l’Europe en étant enregistrés en octobre 2015 comme migrants. Prétendre accueillir des centaines de milliers de ressortissants étrangers sans aucun contrôle d’identité fiable, sans garantie de sécurité, est une folie qui accélère l’importation, sur notre sol, de l’hyperviolence djihadiste.

À Paris comme à Berlin, une autre politique est nécessaire. Quand la maison brûle, on n’accueille pas de nouveaux invités, on essaie d’éteindre l’incendie. Je plaide pour une transformation sécuritaire qui passe par une diminution drastique de l’immigration. Le nombre de visas doit être plafonné. La plupart des flux d’immigration doivent être suspendus tant que nous n’aurons pas vaincu le totalitarisme islamique. Nous devons réaffirmer notre souveraineté, pour sauver des vies.