« Il faut une rupture totale » – Interview du 20 juillet 2015

Interview de Guillaume Larrivé – Le Figaro – 20 juillet 2015

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Le député de l’Yonne Guillaume Larrivé défendra lundi soir, au nom du groupe parlementaire Les Républicains, une motion de rejet préalable du texte. Il présentera par ailleurs, en tant qu’orateur du groupe et en son nom, de nombreux amendements.

LE FIGARO – Vous allez présenter une soixantaine d’amendements à ce texte…

Guillaume Larrivé – Je n’accepte pas qu’un vrai débat sur l’immigration soit interdit en France. La gauche française reste adepte d’un immigrationnisme faussement généreux, totalement coupé des réalités. La France de 2015 est traversée par de graves tensions : le marché du travail est bloqué, les finances publiques sont au bord du gouffre, le système éducatif est en panne, l’ascenseur social est arrêté, la sécurité est menacée et le sentiment national est devenu très incertain. De ce profond malaise national, l’immigration massive n’est pas la seule responsable. Mais ce qui serait irresponsable, c’est de continuer à augmenter l’immigration ! Le chaos migratoire produit le désespoir. Je propose une rupture totale : la France a le droit de choisir qui elle souhaite accueillir et qui elle souhaite refuser sur son territoire. De toute urgence, il faut diminuer l’immigration et s’en donner vraiment les moyens.

Le gouvernement veut instaurer des cartes de séjour pouvant aller jusqu’à cinq ans. Que proposez-vous ?

Le contraire ! Je propose une politique de réduction de l’immigration. La première rupture consistera à définir des plafonds d’immigration, c’est-à-dire des contingents limitatifs. Il faut que, chaque année, l’Assemblée nationale puisse définir le nombre d’étrangers admis à s’installer France, pour toutes les catégories de séjour à l’exception des réfugiés politiques. Ainsi, le regroupement familial devra être soumis à un plafond annuel : si le plafond est dépassé, la demande sera reportée à l’année suivante.

Deuxième rupture : avant d’obtenir un visa pour la France, les candidats à l’immigration devront justifier, à leurs frais, dans leur pays d’origine, de leur bonne connaissance de la langue française, de leur adhésion aux valeurs de la société française, mais aussi d’une capacité à exercer une profession ou à assumer leur autonomie financière.

Troisième rupture : il faut restreindre les prestations sociales versées aux étrangers. Un étranger qui exerce le même travail et verse les mêmes cotisations salariales qu’un Français doit avoir la même assurance sociale. Mais un étranger tout juste arrivé en France n’a pas à bénéficier de prestations sociales financées par l’impôt de personnes qui résident en France de longue date. C’est pourquoi je propose de supprimer l’accès aux allocations familiales et au logement avant cinq années de résidence légale en France.

Que pensez-vous du remplacement de la rétention administrative par une assignation à résidence ?

La naïveté des socialistes fera plaisir, hélas, aux passeurs et aux trafiquants qui exploitent la misère des 500 000 clandestins installés en France ! Au contraire, je défendrai un amendement pour que la rétention administrative passe de 45 à 180 jours. Dans des pays comme le Royaume-Uni ou les Pays-Bas, cette dernière est illimitée. Elle est de 18 mois en Allemagne et de 60 jours en Espagne. Six mois, c’est un délai minimum pour organiser, avec les pays d’origine, les retours de leurs ressortissants.

Le débat sur le droit du sol a été relancé. Les Républicains semblent partagés sur cette question.

N’ayons pas peur des idées nouvelles, comme Nicolas Sarkozy nous y invite. Je propose de passer du « droit du sol » au « devoir du sol ». L’étranger né en France ne deviendra plus automatiquement Français. Il devra affirmer sa volonté de le devenir. Et la République pourra refuser d’accorder la nationalité française à l’étranger qui n’est pas assimilé à la communauté nationale. Ceux qui ne respectent pas les lois et les valeurs de la République n’ont pas à devenir français.